36
on a 20 ans.On vit. On rêve. On s’éprend.
On a des idées arrêtées sur des concepts partisans.
Des idéaux importants.
On ne transige pas on est exigeants.
On ne précise rien, du reste, impatients.
On verra en grandissant.
On ne décide rien évidemment.
On verra bien en son temps.
On procrastine comme des enfants.
On s’eprend passionnément.
On aime tout et son contraire à 100%.
On est ivres. On fume. On prend.
On arrache. On donne absolument.
Et tout est léger comme le vent.
Rebelles jeunes et Insouciants.
On ne nous coche ni dans une case ni dans un rang.
On écrit des poésies enthousiastes c’est ràfraichissant.
peur de rien. On partira à 27 ans.
On a 36 enfin.
Tout a filé soudain.
Comme un cable, un filin.
lâchés en pleine mer au petit matin.
Bateau sobre qui cabote de loin en loin.
Une ligne rouge dont on s’écarte et puis on y revient.
On survit, la vie on dit on y tient.
Les jours s ‘en vont sans but sans fin.
Là tête appuie lourde sur le traversin.
bien calée pour la chute inévitables de nos rêves enfantins.
De nos cauchemars d’ogres et de lutins.
On est libres, on appaise nos faims.
On souffre on baise on étreint.
Dans nos misères sans fond, du quotidien.
On prévoit. On planifie les vacances, les courses, le plein.
On marmonne on remémore le passé il semble si loin.
On partage on dérouille on morfle on serre les poings.
La morale pour nous mentir, on nie on feint.
Et la bouffe pour le chien.
Et la bouffe pour le chien…